Un beau texte d’un ami de l’Arkansas au sujet de la résistance aux milices ICE de Trump.

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Par , 23 février 2026 14 h 36 min

On reconnaît un lieu à sa réaction quand la peur frappe à sa porte.


Cette semaine, une partie du milieu des affaires du nord-ouest de l’Arkansas a fait un geste à la fois simple et étonnamment radical : considérer les employés qui font la vaisselle, le pain, le ménage, le service à la clientèle et la caisse comme des personnes à part entière, et non comme de simples figurants. Ils ont traité les immigrants comme des voisins, et non comme un sujet de conversation.

Environ 65 commerces locaux – restaurants, brasseries, cafés, librairies et autres boutiques – ont collecté des fonds pour des organisations de défense des droits des immigrants et, dans certains cas, ont clairement indiqué qu’ils refuseraient de servir les agents de l’ICE.


La pizzeria Ruby a commencé à produire des panneaux anti-ICE pour d’autres commerces et les habitants et en a distribué plus de 200. Il ne s’agissait pas de vagues décorations prônant la bienveillance. Ces panneaux étaient opérationnels : l’établissement refuse de servir les clients, connaît ses droits et n’autorise l’entrée que sur présentation d’un mandat judiciaire signé par un juge.

Ce n’est pas un slogan. C’est une frontière.

Butterscotch Bakery and Bar a vendu des cupcakes anti-ICE, reversant les bénéfices à des associations de défense des droits des immigrés. Vault a transformé son image de marque en un outil de collecte de fonds : 1 $ est reversé pour chaque cocktail habituellement servi avec des glaçons, accompagné du slogan : « On préfère nos cocktails NO ICE.»

Que signifie le fait que des boulangeries et des bars prennent position sur des sujets éthiques que les institutions évitent soigneusement ?

L’application des lois sur l’immigration n’est pas un débat abstrait : c’est une réalité concrète. Elle se manifeste sur les parkings, les lieux de travail et dans les quartiers. Elle influence le sentiment de sécurité des personnes qui se rendent au travail, consultent un médecin, signalent un crime ou envoient leurs enfants à l’école.

Lorsqu’un restaurateur déclare : « Nous constatons un non-respect des procédures légales », et justifie sa position par la protection de ses clients, de son personnel et des communautés marginalisées, il ne cherche pas à se positionner politiquement. Il refuse de normaliser l’atteinte à la loi sous prétexte qu’elle est le fait des forces de l’ordre.

Et si vous pensez que cela n’a rien à voir avec le commerce, essayez donc de gérer un restaurant quand la moitié de votre personnel vit dans la crainte constante d’un contrôle routier en allant travailler.


Essayez de fidéliser votre clientèle quand vos voisins se sentent traqués.


Essayez donc de bâtir une « région de classe mondiale » tout en traitant une part importante de la population active comme si elle risquait de disparaître à tout moment.

Voici un aspect que certains au pouvoir semblent déterminés à oublier : le nord-ouest de l’Arkansas ne se résume pas à l’histoire de Walmart, des musées ou à une croissance fulgurante.


C’est aussi l’histoire de la main-d’œuvre immigrée. C’est l’histoire de ces personnes venues chercher du travail, qui ont ensuite bâti des églises, des restaurants, des ligues de football et tout un tissu social qui donne vie à cette région.


La population de Springdale a doublé en une génération, atteignant environ 89 000 habitants, dont au moins un quart sont nés à l’étranger. Le moteur économique de cette région, notamment grâce à de grands employeurs comme Tyson Foods, est intimement lié à l’immigration depuis des décennies.

Ainsi, lorsque les petits commerces affichent des pancartes « NO ICE », ce ne sont pas des « étrangers qui importent leur idéologie ». Ce sont des habitants qui défendent la communauté, celle-là même qui fait tourner la région.


Ce qui signifie que les pancartes « NO ICE » ont aussi une autre fonction : elles diffusent un principe local – la sécurité publique repose sur la confiance sociale – à un moment où cette confiance est délibérément mise à mal.


On peut débattre des frontières. On peut débattre des réformes. On peut débattre des catégories de visas, des quotas et des priorités en matière d’application de la loi.

Mais le fil conducteur de la démarche de ces entreprises n’est pas « l’ouverture des frontières ». C’est plutôt : ne pas déshumaniser les gens pour résoudre un problème politique.

C’est cette limite morale qui est constamment considérée comme négociable.



Les entreprises du nord-ouest de l’Arkansas ne prétendent plus qu’il s’agit d’un simple désaccord politique. Elles réagissent comme si la question fondamentale était de savoir si le respect des procédures légales et la dignité humaine fondamentale ont encore cours.

Les petites entreprises se comportent comme des institutions, car les institutions, elles, ne sont plus là.



Si vous attendez un leadership parfait – des déclarations claires, des politiques de protection, des ressources, des garde-fous – vous risquez d’attendre longtemps.


Alors, les gens font ce qu’ils font toujours dans un endroit comme celui-ci : ils improvisent une défense collective avec les moyens du bord. En l’occurrence, ces moyens sont des cupcakes, des cocktails à prix réduits et un panneau sur la porte qui dit clairement : « Pas ici ».



Est-ce suffisant pour empêcher l’intervention des autorités fédérales ? Non.

Mais cela suffit pour faire quelque chose dont nous avons cruellement besoin en ce moment : briser le tabou selon lequel la peur est normale et le silence, une forme de neutralité.

Car le silence n’est pas une forme de neutralité lorsque votre communauté est contrainte à l’obéissance par l’intimidation. Le silence est une forme de complicité.


Et le nord-ouest de l’Arkansas – du moins une partie visible de cette région – a tout simplement choisi de ne pas participer.

Sam

De Plogoff à l’Île longue. Archives de Gérard Borvon sur le site du CRBC (Centre de recherches bretonnes et celtiques).

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Par , 14 février 2026 17 h 54 min

14 Février 2026

Après mes archives sur la lutte de Plogoff, j’ai déposé, au CRBC, mes archives sur les luttes contre la base de sous-marins nucléaires de l’Île Longue. Le fonds se compose de communiqués, correspondances, coupures de presse, affiches, rapports et publications administratives ou médiatiques autour des manifestations antinucléaires, principalement dans le Finistère (Plogoff, Crozon, île Longue). 

https://www.univ-brest.fr/crbc-bibliotheque/fr/ouvrage/fonds-borvon-gerard

Pour aller plus loin, deux livres issus de ces archives, présents au CRBC..

PLOGOFF, un combat pour demain. Chronique d’une victoire contre le nucléaire. Le livre.

Plogoff a gagné ! En moins d’une seconde la joie explose, dans le local de Radio-Plogoff, en ce 10 mai 1981.

Pour la première fois, une résistance de cinq ans, marquée par les affrontements de six semaines d’enquête publique, a fait reculer le colosse EDF et le lobby nucléaire.

Près de 25 ans plus tard un livre, “Plogoff, un combat pour demain” retrace les étapes essentielles de cette lutte.
Il nous mène à la Pointe du Raz mais il s’inscrit également, de Malville au Larzac, dans le contexte des luttes menées en France dans les années 1970/1980.

Il parle de Three mile Island, de Tchernobyl et des risques que nous fait courir la dissémination nucléaire.

Il parle de l’effet de serre, du réchauffement climatique et rappelle l’espoir né à Plogoff d’expérimenter, à une échelle locale une politique d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

Il rappelle les promesses non tenues et les 20 années perdues.

Ecrit, avec une volonté narrative, c’est un travail de mémoire qui, au-delà du mythe de Plogoff, cherche à situer les responsabilités politiques d’hier et d’aujourd’hui au moment où le gouvernement français relance la politique de dissémination nucléaire de la France au travers des centrales EPR (European Pressurised Réactors).

Venue trop tard, la victoire de Plogoff, malgré la solidarité active apportée aux autres sites, n’a pas permis d’infléchir le premier programme nucléaire français. Puisse l’expérience de cette lutte aider, aujourd’hui, ceux qui, à Flamanville et ailleurs reprennent le flambeau.

Refuser l’arme nucléaire de la Bretagne à la Polynésie.

Alors que nous luttions contre le projet de construction d’une centrale nucléaire à Plogoff, dans la pointe du Raz, certains de ses partisans nous interpellaient : « vous luttez contre une pacifique centrale électrique, mais vous oubliez que vous avez à votre porte, à L’Île Longue, une base de sous-marins nucléaires dont les missiles sont destinés à faire des millions de morts » .

 Erreur, nous n’avions pas oublié !

A peine un mois après l’élection de François Mitterrand en mai 1981, qui annonçait l’arrêt du projet de Plogoff, nous étions nombreux à manifester dans la presqu’île de Crozon pour rappeler que le nucléaire c’est aussi, et d’abord, la bombe nucléaire. Nous n’avions pas attendu que le président Macron vienne au Creuzot déclarer que « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil », nous le savions déjà pour bien connaître l’histoire du nucléaire en France dont le premier des objectifs avait été l’arme nucléaire. La version civile ne nous avait pas encore donné la preuve de sa dangerosité avec Tchernobyl et Fukushima par contre le militaire n’avait rien à prouver depuis Hiroshima et Nagasaki. Le message que nous voulions alors adresser à nos concitoyens a pris une inquiétante actualité avec l’agression de la Russie contre l’Ukraine.

Un syndicaliste intimidé au lycée de l’Elorn, la liberté d’expression menacée ! Quand l’Éducation Nationale veut faire passer l’humanité pour une faute professionnelle.

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Par , 10 février 2026 19 h 48 min

Lundi 9 février, un professeur du Lycée de L’Elorn de Landerneau, syndiqué à Sud éducation 29, a été convoqué à Rennes par les services du Rectorat. Il lui était reproché d’avoir collé un petit drapeau
palestinien sur son casier situé en salle des personnels et d’avoir affiché la brochure de Médecins du monde sur la situation à Gaza.

Cette convocation est l’expression d’une pression forte de la part de la hiérarchie à l’encontre d’un
syndicaliste de SUD Éducation. Pourtant dès le début de l’entretien, la direction du rectorat a précisé que la convocation ne donnerait lieu a aucune sanction. C’est une bonne nouvelle pour notre collègue.
Néanmoins, nous sommes très loin d’être rassuré·es car le mal est fait. Que penser d’une administration qui considère qu’afficher un drapeau palestinien sur un casier en dehors de la vue des élèves constitue une atteinte au devoir de neutralité ? Cela, alors que la France a reconnu l’État de Palestine le 22 septembre 2025 et que le génocide à Gaza est reconnu officiellement par l’ONU.

SUD Éducation Bretagne continuera de rendre visible le drapeau palestinien car nous refusons
catégoriquement de participer de quelque manière que ce soit à l’invisibilisation d’un peuple qui subit
chaque jour des bombardements, des persécutions, et des privations de toutes sortes.
Alors que des crimes contre l’humanité sont commis contre le peuple palestinien, nous considérons qu’il est de notre devoir de le dénoncer et d’afficher notre solidarité. Pour SUD Éducation, manifester son humanité ne peut être répréhensible.

Notre syndicat a rappelé qu’il est internationaliste et membre du Réseau syndical international de solidarité et de luttes qui défend les intérêts des travailleuses et des travailleurs au-delà des frontières. Pour cette raison, nous entretenons des liens de solidarité avec celles et ceux qui subissent l’oppression ailleurs dans le monde. Que ce soit en Argentine, au Venezuela, en Ukraine, en Palestine ou ailleurs.
A la sortie de cet entretien, il est difficile d’y voir autre chose qu’une tentative d’intimidation visant à
remettre en cause la libre expression syndicale sur les lieux de travail car nos représentants syndicaux se sont vus reprochés une expression trop politique.

Pour cette raison, SUD Éducation Bretagne souhaite faire part de son inquiétude de voir se développer une stratégie qui pourrait placer l’expression syndicale sous le contrôle d’une hiérarchie se donnant le droit de juger ce qui syndical et ce qui l’est pas.

Enfin, notre syndicat s’étonne de la proportion prise par cet événement. D’après le Rectorat il serait question ici d’un fait établissement de niveau 3 (niveau le plus élevé) alors que l’usage voudrait que ce genre de différent se règle dans l’établissement directement avec la direction.

SUD Education ne se laissera pas intimider par cette nouvelle tentative de criminalisation de l’action
syndicale. Nous considérons que c’est un glissement grave qui fragilise nos libertés démocratiques
fondamentales et va à l’encontre des valeurs de la République. Le soutien qui s’est exprimé rapidement à travers la mobilisation de la communauté éducative, de l’intersyndicale et par plus de 6300 signataires de la pétition de soutien, montre bien que c’est une large partie de la population qui entend dénoncer ce danger liberticide.

SUD Education. Rennes, le 10 février 2026.

Elorn en fête. 2006, 2007, 2008. Quand nous manifestions pour l’eau sur l’eau.

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Par , 8 janvier 2026 18 h 35 min

Nous avons manifesté pour l’eau… sur l’eau

vendredi 27 octobre 2006

Samedi 27 mai une cinquantaine de voiliers et de kayaks ont remonté l’Elorn entre la Rade de Brest et Landerneau. Ce n’était pas une journée de mer classique mais une manifestation “Pour l’Eau, sur l’Eau.”

A l’origine une équipe de “voileux”.
Naviguer sur une mer morte n’est pas l’idéal de la plupart des marins. Certains ont décidé de réagir en créant la “Flottille de la Rade pour une Mer Propre” basée à Plougastel-Daoulas.

En ce mois de mai 2006, ils ont souhaité poser le problème des pollutions venues de la terre qui sont à plus de 90% responsables de la pollution des mers.

Ils se sont entourés pour cela de tout ce que compte la région en associations de protection de l’environnement et de consommateurs. L’opération a pris le titre de “Elorn 2006. Rivières en rade”

voir la suite : http://seaus.free.fr/spip.php?article53http://seaus.free.fr/spip.php?article53

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Elorn 2007 : nous avons manifesté pour l’eau et sur l’eau

lundi 4 juin 2007

Après “Rivières en Rade 2006”, voici “Elorn en fête 2007”. L’objectif est le même : rassembler autour de la défense de la rivière et de la rade le maximum de personnes dans une action à la fois symbolique et festive. Cela se passait le 2 Juin.

Voir la suite : http://seaus.free.fr/spip.php?article141

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Elorn en fête 2008. Participation record

dimanche 4 mai 2008

Le soleil, les associations, les participants, le public, ont répondu présents pour cet Elorn 2008.


Affiche à conserver précieusement

Agir pour préserver la qualité de l’eau tout en participant
à un rassemblement convivial : pour la troisième fois les associations agissant sur la vallée de l’Elorn ont réussi leur pari avec l’aide de toutes celles et tous ceux qui les ont accompagnées.

Voir la suite : http://seaus.free.fr/spip.php?article337

De la pêche au Saumon à Chateaulin, en Bretagne, vers 1736.

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Par , 7 janvier 2026 18 h 50 min

Au moment où le saumon se fait de plus en plus rare à la passe de Keramon dans l’Elorn, retour vers une époque faste des siècles passés.

En l’année 1736, André-François Boureau-Deslandes, publiait un ouvrage dans lequel il décrivait le pêcherie de saumons de Chateaulin.

André-François Boureau-Deslandes, né en 1690 à Pondichéry et décédé 11 avril 1757 à Paris, est un scientifique et écrivain français.

Il est le fils d’André Boureau-Deslandes (né à Tours), petit-fils de François Martin (1634-1706), gouverneur de Pondichéry. Son père, André Boureau-Deslandes joua un rôle très important dans les relations diplomatiques entre la France et le Siam, puis dans les Indes où il fut directeur général du Commerce au Bengale.

Revenu en France, il fut envoyé à Saint Domingue comme ordonnateur de la Marine pour les rois de France et d’Espagne, et inspecteur général de « l’Assiente ». Il reçut des lettres de noblesse en 1703 et mourut à Léogane en 1707. Il avait épousé en 1686 Marie-Françoise, fille du célèbre chevalier Martin, gouverneur de Pondichery. Ils avaient eu huit enfants dont six survécurent, parmi lesquels deux ecclésiastiques. Il apporta en France avec lui les volumes manuscrits des Mémoires de son beau-père François Martin qui seront publiés en trois tomes.

Il vient en France, en 1703, à l’âge de 13 ans. Il entra au service du Roi en octobre 1708 comme contrôleur à Brest et fut nommé commissaire de la marine dans ce port en 1716.

Reçu élève géomètre à l’Académie des sciences en février 1712, il participe à de nombreuses études rendues par des Académies ou des Sociétés et collabora à de nombreux journaux savants (il est membre de l’Académie des Sciences de Berlin). Il fut longtemps commissaire de la marine, après avoir été lié à Nicolas Malebranche. Il est l’auteur de nombreux livres de littérature, d’économie et d’histoire. Il est aussi l’auteur de très nombreux ouvrages scientifiques et historiques sur la Marine. Il meurt célibataire à Paris en 1757.

Parmi ceux-ci, un “Recueil de differens Traitez de Physique et d’Histoires Naturelles, propres à perfectionner ces deux sciences. Paris, Étienne Ganeau, 1736.”

On y trouve un Mémoire sur la pêche au saumon à Châteaulin, ville où, nous dit l’auteur, il se capture jusqu’à 4000 saumons par an dans une pêcherie spécialisée dont il nous décrit la forme et le fonctionnement.

Extrait :

Cet établissement consiste en une double rangée de pieux, qui traversent la rivière d’un côté à l’autre, & qui, étant enfonçés à refus de mouton, forment une espèce de chaussée sur laquelle on passe. Ces pieux sont mis près à près : & il y a encore de longues traverse assujetties par des boucles de fer, qui les retiennent, tant au dessus qu’au dessous de l’eau. A gauche, en montant la rivière, est un coffre en forme de grillage, & ayant quinze pieds sur chaque face. On l’a tellement ménagé que le courant de la rivière s’y porte de lui-même sans aucun effort.

Au milieu de ce coffre, & presqu’à fleur d’eau, se voit un trou de dix-huit à vingt pouces de diamètre environné de lames de fer un peu recourbées, qui ont la figure de triangles isocèles, & qui s”ouvrent et se ferment facilement.

Le Saumon, conduit par le courant vers le coffre, y entre sans peine, en écartant les lames de fer blanc qui se trouve sur la route, & dont les bases bordent le trou. Ces lames se rapprochent les unes des autres, forment un cône, & elles s’ouvrent jusqu’à devenir un cylindre.

Au sortir du coffre le saumon entre dans un réservoir, d’où les pêcheurs le retire par le moyen d’un filet attaché au bout d’une perche. Leur adresse est en cela si grande, qu’ils ne manquent point de retirer aussitôt celui qu’ils choisissent de l’oeil. J’en ai moi-même été souvent témoin.

Le texte parle aussi du rouissage du lin qui chasse les poissons de la rivière dès que le temps est venu de le pratiquer. A remarquer que l’auteur ne signale pas de saumons hors de l’Aulne, ce que contesteront certainement les pêcheurs de l’autre rivière à saumons : l’Elorn.

Par ailleurs son texte est un excellent document sur la pêche en mer à la même époque.

Pour l’ensemble du texte, voir : table des matières, page 161

Au nom de la prétendue « dissuasion nucléaire », aucun abri n’est prévu pour la population en France en cas de conflit armé.

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Par , 6 décembre 2025 15 h 25 min

Au moment où cinq drones sèment la panique au dessus de l’Ile-Longue, il est bon de se rappeler le choix des tenants de la “dissuasion nucléaire” de ne pas protéger la population.

Alors que la population de l’Ukraine est écrasée sous les bombes russes et que Poutine menace l’Europe d’une escalade, la preuve est faite que le prétendu “équilibre nucléaire” ne dissuade pas d’une guerre d’agression en Europe.

Comment alors ne pas nous interroger sur l’absence de protection de la population en France. Ceci d’autant plus que les nouvelles armes utilisées contre l’Ukraine, comme dans les autres guerres qui se mènent au même moment dans le monde, visent d’abord les populations civiles et les infrastructures nécessaires à leur survie.

Sommes nous protégés ? C’était déjà la question que posaient deux sénateurs, le gaulliste Raymond Marcellin et le centriste Edouard Bonnefous, dans leur rapport de 1980 «sur le niveau de protection de la population civile française en temps de crise ».  Ils y constataient que la logique de la stratégie de dissuasion nucléaire avait conduit « non seulement à ne pas s’organiser en vue d’une éventuelle agression nucléaire mais à considérer que le faire serait porter atteinte à la crédibilité de la dissuasion» Or ajoutaient-ils « l’élément de sécurisation le plus directement ressenti comme effectif par la population, c’est la possibilité de se mettre à l’abri, soit des destructions conventionnelles, soit des agressions nucléaires, soit des agressions chimiques ou bactériologiques » La crainte du moment étant de nature nucléaire ils proposaient la mise en construction rapide « d’abris anti-souffle » dans les « points sensibles de notre défense». Ainsi que « d’abris anti-retombées » au profit « des populations à l’écart des points d’impact éventuels ».

La proposition était reprise en 1982 par Pierre Mauroy, premier ministre socialiste de François Mitterrand, par une directive dans laquelle il était décidé que «dans les villes de plus de 50 000 habitants, toutes les constructions publiques ou privées neuves et devant abriter 100 personnes ou plus, seront équipées d’abris anti-souffle. Dans les villes où la population est comprise entre 10 000 et 50 000 habitants, toutes les constructions publiques ou privées neuves et devant abriter 100 personnes ou plus, seront équipées d’abris anti-retombées renforcés ».

Plus de quarante ans plus tard force est de constater que la circulaire n’a reçu aucune application et qu’aucun abri n’est prévu en France, contrairement à la plupart des pays européens, pour abriter la population dans le cadre d’un conflit tel que celui que subit l’Ukraine en ce moment. Et ceci alors même que l’éventualité d’une telle agression semble pouvoir nous concerner dans un avenir proche si on en croit les récents propos de la hiérarchie politique et militaire française.

Pourtant en quarante ans le territoire français a vu augmenter le nombre de « points sensibles » constituant des cibles potentielles. Déjà, en 1980, les deux sénateurs les signalaient en précisant même que « Les entreprises publiques qui, tel Électricité de France, introduisent localement des éléments de risque, comme l’implantation de centrales nucléaires pouvant constituer des cibles privilégiées, devraient supporter le coût de la protection des populations.»

Nos dirigeants politiques et militaires, le chef de l’État en premier lieu, s’efforcent de préparer l’opinion à un éventuel conflit sur notre sol. La priorité ne devrait-elle pas être plutôt de s’interroger le bien-fondé de la doctrine de “dissuasion nucléaire” et sur le choix qui a été fait de ne pas protéger l’ensemble de la population française que cette décision a entraîné.

voir encore : La France sans abris en cas d’agression. Le choix des stratèges français de la dissuasion nucléaire.

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